Posted on

C’est une petite ile volcanique dans l’archipel des Canaries, au large du Maroc.

Elle a la particularité d’être lunaire du fait de l’activité intense de ses volcans dans les années 1700. Un paysage de lave et de cendre séchées, figées et aiguisées par les alizés, source d’inspiration de l’artiste César Manrique qui y laissa son emprunte. Le contraste du blanc des habitations avec la noirceur intense qui règne sur l’ile est omniprésent. La végétation, extrêmement rare du fait de l’aridité de l’ile, est constituée de palmiers et de cactus.

Dans un tel environnement, les 140 000 habitants de l’ile ne peuvent compter que sur le tourisme et l’étonnante activité viticole située à Geria, au pieds des volcans. Malgré tout, l’ile semble arriver à préserver les lieux par la gestion d’un tourisme résonné. De toutes façons, n’espérez pas venir à Lanzarote pour vous la couler douce au bord de la piscine ou sur une plage d’un des nombreux resort implantés sur la côte Nord. Aucun intérêt. Il ne fait pas si chaud que ça et les alizés pourraient vous gâcher le farniente.

Non, croyez-moi il y a mieux à faire. Visiter l’ile et en découvrir tous les aspects, s’imprégner de sa particularité et la comprendre, vous procurera une expérience indélébile.

Les routes sont neuves et la circulation est d’une facilité déconcertante. Nous sommes en territoire espagnol et bien que ce soit une ile, les prix restent largement inférieurs aux prix français. Que ce soit pour l’alimentation, les restaurants ou l’essence, tout est moins cher qu’en France. Les iles des territoires français d’outre-mer feraient bien d’en prendre de la graine…

La population est souriante et accueillante. Le tourisme étant essentiellement anglais et allemand, si vous ne parlez pas espagnol c’est donc en anglais qu’il faudra vous faire comprendre.

J’ai choisi cette ile pour faire une recherche photographique esthétique au milieu de ces paysages atypiques. Aussi comme hors-d’oeuvre avant mon grand voyage en Californie de deux mois en mars et avril 2020. Cela fait longtemps que je n’ai pas voyagé et il me fallait donc un petit voyage pour me remettre dans le bain.

Mon premier jour sur l’ile fut consacré à la parcourir en voiture afin d’assimiler les distances entre les différents lieux qui m’intéressaient. Je n’avais emporté avec moi que mon fuji XT2 avec trois optiques fixes : 16, 35, et 50 mm. Pour un premier jour j’ai dû me confronter au vent particulièrement fort et malgré le port d’un chèche j’ai quand même réussi à attraper mal à la gorge. L’air est rempli de particules de poussières qui irritent les voies respiratoires et j’étais donc bon pour une petite angine doublée d’un bon rhume. Rien de grave mais pas très confortable.

Dès le lendemain, je décide de me mettre sérieusement au travail. Ma priorité étant le Parc Volcanique de Timanfaya, je choisi de me mettre immédiatement en quête d’un point de vue stratégique en hauteur afin de capturer ces paysages d’une autre planète. Mais je me rends vite compte que le parc est totalement verrouillé au profit de l’industrie du tourisme. En effet, il n’est pas possible d’entrer dans le parc autrement qu’en voiture et de prendre une place dans un autocar pour une visite guidée de 20 minutes. Comme vous pouvez vous en douter cela ne m’intéresse pas d’être coincé dans un bus au milieu de touristes anglais en sandales + chaussettes (désolé pour le cliché mais c’est quand même ça…). Ce n’est pas de cette manière que je peux travailler. J’ai donc tenté inlassablement de trouver des volcans accessibles à escalader autour du Parc, ce qui fut sportif et bien compliqué aussi (car encore faut-il pouvoir garer la voiture quelque part…). Ce qui est sûr c’est que pour mon prochain séjour je louerai une Jeep car la solution passe aussi par les chemins caillouteux impraticables avec un véhicule standard.

Je n’étais pas non plus aidé par la lumière, brumeuse et fade pour cette semaine là, ne m’offrant pas des sunset admirables.

Mais au fil de mon parcours sur l’ile, je me rends compte que ce qui me fascine le plus, ce qui m’inspire, c’est l’omniprésence du noir. Je penses alors aux oeuvres du peintre Pierre Soulages mais aussi aux photos du photographe américain Adam Katseff.

Je décide donc de me concentrer sur cette idée et de réaliser une grande partie de mes prises de vues en Noir et Blanc.

Bien entendu j’avais espéré pouvoir trouver un avion et un pilote pour faire quelques photos aériennes mais compte tenu de la force du vent, je n’ai même pas essayé. Je me suis contenté de faire décoller mon drone Mavic2Pro les rares fois ou cela m’a été possible.

Voici un petit montage à partir de mes images capturées au drone:

Une semaine c’est vraiment trop court pour le travail que je fais habituellement. Il faudrait une chance inouïe pour réunir les bonnes conditions au bon moment. C’est la raison pour laquelle en général je voyage plusieurs semaines, voir plusieurs mois. On considèrera donc que cette petite semaine à Lanzarote était un repérage en vue d’un séjour plus long à une période plus favorable au niveau de la lumière.

Dans 10 jours, un autre voyage m’attend… je me prépare activement pour un grand road trip de deux mois en Californie que je partagerai avec vous en direct sur les réseaux sociaux.

Ces voyages en solitaire me permettent de couper un peu avec le Bassin que je photographie depuis vingt ans mais aussi de trouver de nouvelles inspirations qui me sont utiles par la suite.